Il y a des périodes où nos émotions passent presque inaperçues. Et puis il y en a d’autres où elles prennent beaucoup plus de place.
Une remarque nous touche plus que prévu. Une inquiétude tourne en boucle. La colère monte rapidement. La tristesse revient alors qu’on pensait l’avoir laissée derrière nous.
Dans ces moments-là, notre premier réflexe est souvent de vouloir reprendre le contrôle : comprendre tout de suite, faire taire ce que l’on ressent ou essayer de passer rapidement à autre chose.
Pourtant, gérer ses émotions avec la sophrologie ne veut pas forcément dire apprendre à mieux les contrôler.
Cela peut commencer beaucoup plus simplement : apprendre à remarquer ce qui est là.
Une émotion n’est pas forcément un problème à résoudre
J’aime beaucoup utiliser l’image de la vague pour parler des émotions.
Une vague arrive, prend de l’ampleur puis finit par repartir. Certaines sont petites, d’autres beaucoup plus fortes. Et lorsque nous essayons absolument de lutter contre elles, nous dépensons souvent énormément d’énergie.
Avec les émotions, je retrouve un peu cette idée.
Accueillir une émotion ne signifie pas aimer ce que l’on ressent, ni se laisser complètement emporter par elle. Il s’agit plutôt de pouvoir reconnaître :
« Voilà ce qui est présent chez moi aujourd’hui. »
Sans devoir immédiatement changer quelque chose.
Rien que cela peut déjà modifier notre façon de vivre ce moment.
Commencer par observer ce qui se passe dans le corps
Une émotion ne se manifeste pas uniquement dans nos pensées.
Elle peut aussi apparaître dans le corps : une gorge qui se serre, le ventre noué, les épaules tendues, une agitation difficile à calmer…
C’est aussi là que la sophrologie peut être intéressante.
Les pratiques permettent notamment de revenir aux sensations corporelles, d’observer sa respiration, de repérer certaines tensions ou simplement de prendre quelques instants pour voir ce qui est présent.
Il ne s’agit pas de décortiquer chaque sensation ni de vouloir faire disparaître l’émotion. L’idée est surtout d’apprendre à repérer sa propre façon de réagir.
Parce que deux personnes peuvent vivre une situation très proche et pourtant ressentir des choses complètement différentes.
Gérer ses émotions avec la sophrologie ne signifie pas suivre une recette
C’est quelque chose auquel je tiens particulièrement dans mes accompagnements.
Il n’existe pas une pratique qui conviendrait à tout le monde dès qu’une émotion devient difficile.
Certaines personnes auront besoin de bouger. D’autres de ralentir. Certaines auront besoin de porter leur attention sur le corps, d’autres de prendre davantage de recul sur leurs pensées ou sur ce qu’elles traversent.
C’est pour cela que je préfère parler d’expérimentation.
On essaie une pratique, on regarde ce qu’elle produit, et si elle ne convient pas, on en cherche une autre.
Petit à petit, la personne peut ainsi mieux repérer ce qui l’aide lorsqu’une émotion prend davantage de place.
Ne plus lutter systématiquement contre ce que l’on ressent
Nous avons parfois tellement pris l’habitude de vouloir maîtriser nos émotions que les accueillir peut sembler étrange.
Pourtant, faire une place à ce que l’on ressent ne signifie pas lui donner toute la place.
C’est peut-être même l’inverse.
Plus nous apprenons à reconnaître nos émotions, nos réactions et nos besoins, plus il devient possible de choisir comment nous souhaitons y répondre.
C’est aussi pour cela que l’image de la vague me parle : on ne choisit pas toujours ce qui arrive, mais on peut apprendre à ne pas lutter contre chaque mouvement.


